Sondage réalisé, mercredi et jeudi, par l’Institut CSA pour l’émission «LCP Politique matin»,  auprès d’un échantillon de 809 inscrits sur les listes électorales issu d’un échantillon national représentatif de personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d’après la méthode des quotas.

Si l’élection présidentielle avait lieu en ce moment et avec le personnel politique suivant :

Au premier tour, Sarkozy atteindrait 31 % et Aubry 30 %. Derrière, viendrait le FN (Marine Le Pen, 13 %), le MoDem (Bayrou, 9 %) et le NPA (Besancenot, 7 %), devant Europe Ecologie (Cécile Duflot, 5 %), le PCF (Buffet, 2,5 %), le Nouveau Centre (Hervé Morin, testé pour la première fois (2 %) et Lutte ouvrière (Nathalie Arthaud, 0,5 %). L’abstention serait à 42 %.

Au deuxième tour, Aubry passerait en tête à 52 % contre 48 % pour Sarkozy. Il y aurait 37 % d’abstention.

Marine Le Pen améliore son score de  2 points par rapport à mai; Bayrou et Besancenot, d’ 1 point; Duflot est égale; Buffet et Arthaud baissent de 0,5 %.

Bien sûr, ce n’est qu’un sondage. Et 2012 est encore loin. MAIS : un an après notre fameux score des européennes (première apparition d’Europe Ecologie et validation immédiate par l’électorat), trois mois après des régionales moins bonnes, mais pas si mauvaises, ce sondage montre un sérieux tassement du vote écologiste.

Qui sait ? Peut-être un effet différé de notre psychodrame médiatisé à La Cigale ? Mais peut-être aussi qu’à force de vouloir substituer à l’idée forte de l’autonomie et du rassemblement  des écologistes celle d’une alliance privilégiée avec le PS, un certain nombre de personnes se disent que, si c’est ça le but, autant voter directement pour le PS… Théorie du vote utile. L’orientation politique que l’on nous propose actuellement serait ainsi sanctionnée. Nous verrons si la législative de Rambouillet, dimanche, invalide ou pas, et de combien, cette analyse.

On observe par ailleurs que ce MoDem dont nous nous félicitions, il y a peu, qu’il avait été ramené à un étiage qui « prouvait » que nous ne devions pas rechercher des alliances « contre nature » de ce côté-là, ce MoDem, donc, même privé de Corinne Lepage et de son Cap 21, fait preuve d’une certaine capacité à se relever, sur les bases, précisément, de son autonomie.

Pour le reste, nous voyons bien que le populisme, via le FN, à droite et via le NPA, à gauche (1) reprend sérieusement du poil de la bête. Cela aussi est inquiétant, pas seulement pour les écologistes, mais pour la démocratie tout court. Mais s’allier aux « démocrates », n’est-ce pas, quelle vilaine idée… Beurk ! Ecartons-la d’emblée. L’essentiel, c’est que Sarkozy soit battu (ça, oui, ce serait formidable), par Martine Aubry (pas par DSK, ça nous « défriserait un peu »), et avec quelques strapontins (un, deux ?) pour nous.

Nous n’avons d’autre part pas manqué, dernièrement, de désigner MoDem et NPA comme des contre-exemples : non, ce n’est pas vers ce type d’organisations qu’il faut aller… Au lieu de rester un pôle politique référent, autonome et clairement identifié par l’électorat, nous préférons redevenir les supplétifs de la gauche de gouvernement, de même que le Nouveau Centre n’est rien d’autre qu’un supplétif de l’UMP. Et nous le payons sans délai.

Il m’avait semblé qu’on rêvait d’autre chose. Je ne désespère pas encore d’y arriver.